Il y a un an, alors incubée à Dauphine, Mounia Krib nous présentait INKEE, son encre écoresponsable. Aujourd’hui, sa startup franchit une étape clé vers l’industrialisation.

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L'idée a germé d'un constat simple durant son échange universitaire à Montréal : chaque jour, des tonnes de marc de café sont gaspillées. « Un jour, alors que j'étais dans un café près de la fac, révisant les partiels, le barista jetait du marc de café à la poubelle en grande quantité à l’heure de pointe. Cela faisait beaucoup de bruit. Je me suis dit : que pourrait-on en faire ? C’est pigmenté, cela tâche… pourquoi pas des encres ? » Forte de cette vision, un projet était né !

Encore étudiante dans le Master 261 Entrepreneuriat et projets innovants, l'incubateur de Dauphine a été un véritable tremplin pour Mounia, lui offrant un environnement de soutiens et facilitant l’accès à des financements, dont la subvention Fond Parisien pour l’Innovation.

Après plusieurs années de recherche et développement, Mounia, soutenue par la Fondation Dauphine, se rend au Québec en avril 2024, pour participer au congrès provincial Leadership au féminin. Ce voyage a été une opportunité unique pour elle de tisser un réseau stratégique et d’accélérer le développement de son entreprise à impact. Elle en a profité pour visiter le centre technique avec lequel elle collabore sur le développement des encres et renforcer les relations établies avec les clients testeurs intéressés par la solution. 

Depuis, son projet a franchi des étapes déterminantes et avance à grands pas vers les phases de production et de commercialisation !

 

L’évolution de INKEE et le défi du passage à l'échelle

Mounia a perçu le fort potentiel d’INKEE dans un secteur en pleine transformation. Encouragée par l’enthousiasme des professionnels de l’impression au Québec et par l’intérêt croissant des directeurs R&D de grandes entreprises en quête de solutions durables, elle décide de prolonger son séjour et de travailler tout l’été aux côtés de son partenaire à Montréal, sur le développement d’une nouvelle encre destinée à l’impression de packaging et d’étiquettes (la flexographie).Cette preuve de concept en laboratoire permet de valider la faisabilité technique et d’obtenir les premiers retours sur la performance de l’encre. C’est le point de départ vers une montée en échelle plus ambitieuse.

En décembre 2024, une nouvelle étape clé est franchie : Mounia se rend en Pennsylvanie pour tester l’industrialisation du procédé. Une production à plus grande échelle est lancée : 200 kg d’encre sont produits et envoyés à Montréal pour des tests sur des machines industrielles. Les premiers essais d’impression sur presse flexographique – une technologie dont disposent ses futurs clients invités pour l’occasion – sont concluants. Bien que la première version de l’encre ait été un succès, sa production peut encore être optimisée. En mars 2025, Mounia repart donc pour un second test afin de finaliser le processus de production et la version 2 de l’encre pour la flexographie INKEE.

Un soutien nécessaire pour franchir ce dernier cap

Pour finaliser les tests d’optimisation de l’encre INKEE et assurer les essais chez les clients testeurs dans une logique de commercialisation, INKEE a besoin d’un dernier coup de pouce financier.

Les prochaines semaines sont cruciales : un apport de 5 000 dollars est nécessaire pour mener à bien ces tests et couvrir les premières échéances d’avril. Mounia est à la recherche active de soutiens immédiats pour franchir cette étape et concrétiser le passage à l’industrialisation.L’activité de R&D et les frais juridiques, en particulier de propriété intellectuelle, représentent des postes de dépenses conséquents et dispendieux pour INKEE  et Mounia fait face à des défis financiers constants. La pression est grande, mais elle puise une immense fierté dans ce qu’elle accomplit aux côtés de ceux qui l’accompagnent.

 

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Un projet à impact, une ambition portée par une entrepreneure engagée

Mounia incarne une vision forte de l’entrepreneuriat : innover avec peu de moyens, de manière frugale et engagée. Depuis quatre ans, elle ne se rémunère pas. Entre mentorat, soutien d’un programme étudiant PSL  et accompagnement de startups early-stage , elle réinvestit chaque ressource dans son projet, et construit un modèle entrepreneurial inspirant.

Femme entrepreneure, solo-founder, issue d’un milieu modeste et sans formation scientifique, Mounia vient d’être distinguée parmi le Top 35 des Jeunes Leaders Positifs 2025 par Les Échos et Positiv – une reconnaissance qui illustre son parcours hors norme et la portée de son projet. elle a su faire sa place dans un secteur industriel exigeant grâce à sa détermination et à celles et ceux qui lui ont fait confiance.

« Ce prix est une preuve que l’innovation peut venir de partout, et qu’avec du travail et du soutien, même un projet audacieux peut voir le jour. Aujourd’hui, nous avons dépassé l’étape du rêve : INKEE existe, fonctionne, et est prêt à passer à l’échelle. »

Un avenir à définir entre la France et le Québec

Aujourd’hui, le modèle est bien avancé et la commercialisation d’INKEE est envisagée pour début 2026.

Cependant, de grandes questions restent en suspens : la France ou le Québec pour le lancement de la commercialisation ? L’enjeu est d’ancrer durablement INKEE sur un territoire stratégique, au plus proche des clients qui souhaitent adopter cette technologie verte. Mounia souhaite néanmoins que le produit conserve une identité française.

Côté production, elle étudie les meilleures options pour la future production : sous-traitance ou création d’une usine pilote, les impacts liés aux coûts sont forts.

En parallèle de son développement industriel, INKEE suscite déjà l’intérêt d’acteurs engagés. L’un d’eux ambitionne à court terme d’éditer le tout premier livre imprimé avec l’encre INKEE ! Un projet qui démontre concrètement le potentiel de cette innovation et ouvre la voie à de nombreuses autres applications !

La Fondation Dauphine, un soutien clé dans l’aventure INKEE

Tout au long de son parcours, Mounia souligne le rôle déterminant de Dauphine et de son incubateur, ainsi que le soutien de la Fondation Dauphine. « Sans Dauphine, sans l’incubateur et sans l’OFQJ – Office Franco-Quebecois pour la jeunesse - tout cela n’aurait pas été possible », confie-t-elle.

 

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